Taco Mesa a installé, depuis le 28 novembre 2023, une adresse dédiée à la cuisine mexicaine dans le 10e arrondissement de Paris. Portée par Beatriz Gonzalez, déjà connue pour Neva Cuisine et Coretta, cette taqueria entend défendre des gestes précis, à commencer par la préparation du maïs sur place.
En bref
- Adresse : Taco Mesa se situe au 40, rue du Faubourg-Poissonnière, à Paris.
- Origine du projet : l’aventure a débuté en 2021 sous forme de vente à emporter et de livraison, avant l’ouverture du restaurant en 2023.
- Point technique à regarder : la nixtamalisation du maïs, réalisée sur place, change réellement la texture et le goût des tortillas.
- À commander avec discernement : guacamole, cochinita pibil, quesadilla al pastor et options végétariennes permettent de lire la ligne culinaire de la maison.
| Repère | Ce qu’il faut comprendre | Pourquoi cela compte |
|---|---|---|
| Cheffe | Beatriz Gonzalez, également à la tête de Neva Cuisine | Une cuisine de restaurant pensée avec une vraie maîtrise des cuissons et des assaisonnements |
| Maïs | Nixtamalisé sur place | Des tortillas plus souples, plus parfumées et structurellement plus justes |
| Répertoire | Cochon à l’achiote, epazote, ananas, coriandre, citron vert | Des ingrédients qui renvoient aux saveurs traditionnelles mexicaines, sans décor de carton-pâte |
| Moment | Carte du soir avec « especiales » | Une manière de découvrir une gastronomie mexicaine moins réduite au seul taco rapide |
Pourquoi Taco Mesa donne une adresse parisienne concrète à la cuisine mexicaine de Beatriz Gonzalez
Dans le paysage parisien, la cuisine mexicaine a longtemps été prisonnière de deux caricatures : le comptoir expédié, où la tortilla sert de support à une garniture indistincte, et le décor festif qui compense le manque de précision dans l’assiette. Taco Mesa arrive avec une proposition plus sérieuse, mais sans raideur. Le restaurant ne cherche pas à transformer le taco en objet de luxe ni à le franciser à tout prix : il donne à voir ce qu’une cheffe formée à la haute cuisine peut apporter à un répertoire populaire lorsqu’elle respecte ses fondamentaux.
Beatriz Gonzalez connaît les exigences de la table parisienne. Son restaurant Neva Cuisine a obtenu deux toques au guide Gault&Millau, une reconnaissance qui renseigne moins sur un statut que sur une capacité à tenir une cuisine régulière, lisible et techniquement maîtrisée. Cette expérience explique le soin apporté à Taco Mesa : l’équilibre entre acidité, gras, piment et fraîcheur ne peut pas être laissé au hasard, particulièrement dans des préparations aussi courtes qu’un taco.
Le projet n’est pas né d’une tendance récente. En 2021, dans un contexte où les restaurants devaient inventer d’autres façons de travailler, Taco Mesa existait déjà sous la forme d’un service à emporter et en livraison. Ce premier format avait un mérite : il a permis de tester la tenue des préparations hors de la salle et d’identifier ce qui voyageait réellement bien. Une tortilla qui se détrempe, une salsa qui perd sa vivacité ou une viande servie trop froide suffisent à faire basculer un taco du côté de l’anecdotique.
L’ouverture, le 28 novembre 2023, d’un lieu permanent au 40, rue du Faubourg-Poissonnière, a donc changé l’échelle du projet. Dans ce quartier du 10e arrondissement, qui mêle habitants, bureaux, théâtres et tables de destination, Taco Mesa trouve un public plus large que celui d’une adresse de livraison. Le taco devient un plat à manger sur place, avec son rythme propre : il se saisit avec les mains, se mange sans attendre, et demande une attention immédiate aux températures comme aux textures.
Le décor confié au Studio Uchronia assume des couleurs chaudes et une atmosphère plus vive que minimaliste. Ce choix a du sens : une taqueria n’a pas besoin de mimer une hacienda imaginaire pour être accueillante. L’enjeu est plutôt de créer un cadre suffisamment confortable pour que l’on s’attarde autour d’une assiette, d’une margarita ou d’une bière pression, sans effacer le caractère direct de ce que l’on mange.
La notion d’authentique mérite cependant d’être maniée avec précision. Elle ne signifie pas qu’un restaurant mexicain devrait reproduire à l’identique chaque usage d’une ville ou d’une région du Mexique. Le Mexique lui-même ne possède pas une cuisine unique : les traditions du Yucatán, de Mexico, d’Oaxaca ou du nord du pays ne se confondent pas. Dans une taqueria parisienne, l’authenticité se vérifie d’abord dans les produits employés, les gestes assumés et la cohérence des associations, plutôt que dans une promesse exotique.
Chez Taco Mesa, les marqueurs sont concrets : achiote, epazote, oignons marinés, citron vert, coriandre, ananas, tortillas de maïs. Aucun de ces éléments ne garantit seul la justesse d’une assiette. Ensemble, ils dessinent toutefois une grammaire culinaire identifiable. L’achiote apporte au porc une coloration rouge-orangée et une note terreuse ; l’epazote donne aux haricots noirs un parfum herbacé singulier, plus complexe qu’un simple mélange d’épices ; les pickles d’oignons apportent l’acidité nécessaire pour alléger une viande confite.
Pour un dîner à deux, imaginons un choix simple : une portion de guacamole à partager, des tacos différents afin de comparer les garnitures, puis une quesadilla si l’appétit est plus solide. Cette approche permet de comprendre la maison sans commander au hasard. Le guacamole mesure la fraîcheur et l’assaisonnement, le taco teste la tortilla et l’équilibre, tandis que la quesadilla révèle le soin donné au fromage et à la cuisson.
Le projet repose finalement sur une idée assez nette : la gastronomie mexicaine peut être populaire, accessible et rigoureuse tout à la fois. La table suivante éclaire ce qui se joue vraiment dans l’assiette : non pas l’accumulation de garnitures, mais la qualité du support qui les rassemble.

Comment la nixtamalisation rend les tortillas de Taco Mesa plus justes
La différence entre un taco mémorable et un taco seulement correct tient souvent à un élément que l’on ne remarque pas assez : la tortilla. Elle n’est pas un emballage. Elle apporte du goût, de la souplesse, une légère mâche et la résistance nécessaire pour retenir jus, viande, herbes et salsa sans se rompre dès la première bouchée. À Taco Mesa, Beatriz Gonzalez a fait le choix décisif de la nixtamalisation du maïs sur place.
Le mot peut sembler technique, mais le geste est ancien et très concret. La nixtamalisation est une méthode mésoaméricaine qui consiste à cuire le maïs dans une eau alcaline, traditionnellement avec de la chaux alimentaire, puis à le laisser reposer avant de le rincer et de le moudre. On obtient alors une pâte appelée masa. Cette préparation modifie la structure du grain et permet de fabriquer des tortillas aux qualités sensorielles très éloignées de celles produites avec une farine instantanée standard.
Pourquoi cette étape est-elle si importante ? D’abord parce qu’elle développe un goût profond, légèrement minéral, avec une note de céréale chaude que l’on reconnaît immédiatement lorsque le maïs est bien traité. Ensuite parce qu’elle donne de la cohésion à la pâte. Une bonne tortilla de maïs plie sans se fissurer, garde une certaine humidité et peut absorber les sucs d’une garniture sans se transformer en pâte molle. Ce n’est pas un détail de spécialiste : c’est ce que le convive ressent, même sans connaître le procédé.
La nixtamalisation améliore également la disponibilité de certains nutriments du maïs, notamment la niacine. Ce n’est pas ici un argument de bien-être plaqué sur une assiette : c’est une conséquence historique et documentée de cette technique. Dans les cuisines mésoaméricaines, elle répondait à un besoin à la fois pratique, gustatif et alimentaire. La présenter comme un simple signe d’artisanat serait donc réducteur ; il s’agit d’un savoir-faire qui relie culture, conservation et goût.
Ce que le client peut vérifier à table chez Taco Mesa
Une tortilla réussie se reconnaît à plusieurs indices très simples. Sa surface n’est pas parfaitement uniforme comme celle d’un produit industriel ; elle peut présenter de petites marques de cuisson et une couleur irrégulière. Elle doit sentir le maïs, même sous une garniture généreuse. Enfin, elle doit rester maniable : ni sèche au point de casser, ni si humide qu’elle se délite entre les doigts.
- Au nez : une odeur de céréale grillée, plus nette qu’une simple senteur de farine.
- Au toucher : une souplesse franche, sans effet caoutchouteux.
- À la dégustation : une présence du maïs qui accompagne la viande ou les légumes au lieu de disparaître.
- Après quelques minutes : une tortilla qui reste cohérente malgré les jus et les sauces.
Cette exigence justifie de préférer le service sur place lorsque c’est possible. Même une tortilla remarquable perd une part de son intérêt si elle attend trop longtemps dans un emballage fermé, au contact de vapeur. Le premier passage de Taco Mesa en livraison, en 2021, relevait d’une réponse intelligente au contexte sanitaire. L’adresse permanente permet désormais de remettre la fraîcheur au centre de l’expérience.
Cette attention portée au maïs replace aussi Taco Mesa dans une histoire plus large. En 2010, l’UNESCO a inscrit la cuisine traditionnelle mexicaine au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, en soulignant précisément le rôle du maïs, du haricot et du piment ainsi que les pratiques communautaires liées à leur préparation. Cela ne signifie pas que chaque assiette mexicaine doive être patrimoniale ou figée. Cela rappelle plutôt qu’un taco bien fait repose sur une chaîne de gestes qui commence avant la cuisson de la garniture.
Dans un restaurant, cette chaîne a un coût réel : temps de trempage, cuisson, rinçage, broyage, façonnage et cuisson minute. Il serait trompeur de faire croire que toute tortilla artisanale est forcément supérieure par principe. Une mauvaise pâte, mal hydratée ou cuite trop vivement, peut rester médiocre. Mais lorsqu’une maison réalise cette opération sur place et maîtrise les temps de cuisson, elle offre un repère sérieux au lecteur qui veut distinguer une cuisine mexicaine travaillée d’une version seulement décorative.
Le taco cochonita permet d’en prendre la mesure. Avec une viande confite, des haricots noirs et des oignons pickles, la garniture présente à la fois du moelleux, du gras et de l’acidité. La tortilla doit tenir l’ensemble sans imposer une lourdeur farineuse. Si elle remplit son rôle, chaque élément reste lisible. Si elle échoue, la composition devient confuse, quelle que soit la qualité du porc.
Le maïs est donc le bon point de départ pour juger Taco Mesa. Il dit beaucoup de la philosophie d’une taqueria : préfère-t-elle l’efficacité d’un assemblage rapide, ou accepte-t-elle le temps nécessaire pour construire une base digne de ses spécialités mexicaines ?
Quels tacos et spécialités mexicaines choisir chez Taco Mesa pour comprendre la carte
Une carte de taqueria ne se lit pas comme une carte de brasserie. L’intérêt n’est pas d’accumuler les recettes, mais de repérer les préparations qui rendent compte d’un savoir-faire. Chez Taco Mesa, quelques intitulés suffisent à tracer une ligne culinaire entre recettes familières, influences régionales et propositions plus développées servies le soir. Le bon réflexe consiste à choisir des plats qui répondent chacun à une fonction : une préparation fraîche, une viande longuement travaillée, une option végétale et, si le moment s’y prête, une assiette plus ambitieuse.
Le « real guacamole » constitue un premier test assez fiable. Le guacamole est devenu si banal qu’il est souvent traité comme une purée d’avocat standardisée, parfois alourdie de crème ou surchargée d’ail. La version annoncée par Taco Mesa repose sur avocat, oignons et citron vert, servie avec des chips de tortilla. C’est une composition volontairement courte. Elle oblige à la précision : l’avocat doit être mûr sans être oxydé, l’oignon coupé assez finement pour ne pas dominer, le citron vert dosé pour réveiller sans cuire le fruit.
Les chips ont aussi leur importance. Elles ne servent pas seulement à transporter le guacamole à la bouche. Bien réalisées, elles apportent une pointe toastée et une cassure nette qui répond à la texture crémeuse de l’avocat. Trop épaisses, elles fatiguent le palais ; trop fines, elles se brisent avant d’atteindre le dip. Cet exemple modeste montre ce que l’on attend d’un restaurant attentif : même la partie la plus simple du repas doit être tenue.
La cochinita, une lecture yucatèque du porc confit
Le taco cochonita, orthographié selon les usages de la maison, s’inspire clairement de la cochinita pibil du Yucatán. Cette préparation associe du porc confit à l’achiote, accompagné ici de haricots noirs parfumés à l’epazote et de pickles d’oignons. L’achiote n’est pas là pour donner une simple couleur spectaculaire. Ses graines apportent une note douce, terreuse et légèrement poivrée, très différente d’un piment rouge agressif.
Le porc doit rester effilochable, humide et profondément assaisonné. Les oignons marinés jouent le rôle de contrepoint : leur acidité coupe le gras de la viande et rend chaque bouchée plus vive. Les haricots noirs ajoutent de la densité, mais ils doivent rester souples et parfumés, non pas pâteux. C’est le taco à privilégier pour comprendre l’ambition de Taco Mesa, car il concentre cuisson lente, aromates spécifiques et équilibre acide-gras.
Al pastor : l’ananas n’est pas un ornement
La quesadilla gringa al pastor est une autre entrée utile dans la carte. Elle réunit porc mariné à la broche, tomme de vache, ananas, oignons et coriandre. L’al pastor est l’un des grands classiques populaires de Mexico, traditionnellement reconnaissable à sa viande marinée cuite sur une broche verticale. Son histoire témoigne d’ailleurs des circulations culinaires : la technique évoque le shawarma apporté par des migrants libanais, adapté au Mexique avec porc, piments et achiote.
Dans cette recette, l’ananas ne joue pas le rôle d’une touche sucrée gadget. Son acidité et son jus répondent à la viande grillée, tandis que la coriandre apporte une fraîcheur végétale. La tomme de vache, utilisée dans la quesadilla, doit fondre sans étouffer les autres saveurs. C’est une proposition plus généreuse qu’un taco seul, adaptée à celles et ceux qui cherchent un plat complet plutôt qu’une dégustation en plusieurs bouchées.
Les options végétariennes méritent d’être prises au sérieux, surtout dans un répertoire où la tentation est grande de remplacer la viande par une garniture sans relief. Une bonne proposition végétale doit posséder son propre équilibre : un élément grillé ou rôti pour la profondeur, une sauce ou un condiment acide, des herbes fraîches et une texture contrastée. Taco Mesa fait évoluer sa version selon les saisons, un choix préférable à une recette figée qui ne tiendrait compte ni des produits ni de leur maturité.
Le soir, les « especiales » permettent d’aller au-delà de la commande la plus immédiate. Leur intérêt est de rappeler que la cuisine mexicaine ne s’épuise pas dans les tacos. Selon l’inspiration de la cheffe et les produits disponibles, ces recettes plus élaborées peuvent être le bon choix pour un dîner posé. Elles ne doivent pas être considérées comme une hiérarchie entre cuisine populaire et cuisine gastronomique, mais comme une autre manière d’explorer les mêmes fondamentaux.
Pour une première visite à deux, une commande cohérente repose sur le partage : guacamole, un taco au porc confit, une proposition al pastor et une recette végétarienne. Cette diversité met en évidence les contrastes essentiels — gras, feu, acidité, herbes, maïs — sans transformer le repas en inventaire. Le prochain enjeu est de savoir comment les boissons prolongent ou déséquilibrent ce travail.
Comment choisir les boissons de Taco Mesa sans écraser les saveurs traditionnelles
Dans une taqueria, la boisson n’est pas un accessoire. Elle intervient directement dans la perception du piment, de l’acidité et du gras. Taco Mesa propose des cocktails classiques, dont la margarita, ainsi qu’une sélection autour de la tequila et du mezcal, sans oublier la Corona à la pression. Ce sont des repères familiers, mais leur intérêt dépend du moment du repas et de ce qui se trouve dans l’assiette.
La margarita est la plus évidente avec des tacos relevés ou une quesadilla au porc mariné. Lorsqu’elle est préparée avec un bon équilibre entre tequila, jus de citron vert et composant sucré, elle nettoie le palais grâce à son acidité. Son danger est connu : trop sucrée, elle donne l’impression de calmer le piment tout en masquant les nuances du plat ; trop alcoolisée, elle domine les herbes, les oignons marinés et le maïs.
Une margarita bien pensée n’a pas besoin d’être immense ni décorée d’une montagne de sel. Le sel sur le bord du verre est une option, pas une obligation. Il peut renforcer la sensation d’acidité et faire ressortir certains arômes de l’agave, mais il devient gênant avec une assiette déjà salée ou une préparation marquée par les pickles. À table, mieux vaut goûter la boisson avant de choisir si ce sel apporte réellement quelque chose.
Tequila et mezcal : deux familles à ne pas confondre
La tequila et le mezcal sont souvent réunis sous l’étiquette commode de « spiritueux mexicains », alors qu’ils ne racontent pas exactement la même histoire. La tequila est produite à partir d’agave bleu et répond à une appellation d’origine mexicaine très encadrée. Le mezcal peut être élaboré avec plusieurs variétés d’agaves, selon des méthodes qui donnent fréquemment des profils plus terriens, végétaux ou fumés.
Le fumé du mezcal n’est pas une règle absolue, même s’il est courant dans les versions les plus connues en France. Il vient notamment de la cuisson des cœurs d’agave dans des fosses ou fours souterrains, selon les producteurs. Face à un taco délicat ou à une tortilla de maïs fraîche, un mezcal très marqué peut prendre toute la place. Avec une viande confite à l’achiote, en revanche, ses notes plus puissantes peuvent trouver un vrai répondant.
La tequila mérite elle aussi d’être dégustée autrement qu’en shot accompagné de sel et de citron. Cette pratique festive a beaucoup circulé hors du Mexique, mais elle ne permet pas de comprendre la finesse d’une tequila bien produite. Servie simplement, à température adaptée et en petite quantité, elle révèle davantage ses notes d’agave, de poivre blanc, d’agrumes ou de fruits cuits, selon son élevage et son style.
La bière pression apporte une solution plus simple et souvent très cohérente. Une lager légère, servie fraîche mais non glacée, accompagne facilement la chaleur des piments et l’onctuosité d’une quesadilla. La Corona à la pression proposée par Taco Mesa n’a pas vocation à devenir une bière de dégustation complexe ; elle joue un rôle de rafraîchissement, ce qui peut être exactement ce que l’on attend d’elle face à une commande généreuse.
Pour les personnes qui ne boivent pas d’alcool, le restaurant gagnerait idéalement à mettre en avant une boisson fraîche peu sucrée, avec du citron vert ou des notes d’hibiscus, plutôt qu’un soda dominant. L’eau demeure aussi un excellent choix à table, en particulier lorsque plusieurs recettes pimentées sont partagées. Le piment ne se « neutralise » pas réellement avec de l’eau, mais une gorgée régulière aide à garder le palais disponible pour les saveurs suivantes.
Le bon accord ne repose donc pas sur une règle rigide. Une quesadilla al pastor appelle volontiers l’acidité d’une margarita ou la fraîcheur d’une bière. Une cochinita riche et épicée peut soutenir un mezcal choisi avec modération. Un repas composé de plusieurs tacos demande surtout d’éviter les boissons trop sucrées, car elles uniformisent la perception des plats.
Dans une adresse comme Taco Mesa, bien boire revient à prolonger l’assiette sans la couvrir. Le choix le plus juste est celui qui laisse encore entendre le maïs, les herbes et les marinades après la première gorgée.
Pourquoi Taco Mesa mérite d’être choisi comme restaurant mexicain à Paris avec les bons repères
Choisir un restaurant mexicain à Paris ne devrait pas reposer uniquement sur la couleur d’un décor, le volume d’une playlist ou la photogénie d’un cocktail. Ces éléments peuvent rendre une soirée agréable, mais ils ne disent rien de la qualité d’une taqueria. Taco Mesa offre des critères plus solides, à commencer par le travail du maïs et par une carte qui emploie des ingrédients ayant une fonction gustative identifiable.
Le premier repère est la cohérence entre le discours et l’assiette. Revendiquer des saveurs traditionnelles n’a de sens que si cela se traduit par des choix précis. Chez Taco Mesa, l’achiote ne relève pas d’un mot de menu décoratif : il structure une cuisson de porc. L’epazote ne sert pas à impressionner : il parfume les haricots noirs. Les oignons pickles ne sont pas ajoutés pour la couleur : ils corrigent le gras d’une viande longuement cuite.
Le deuxième repère est la place accordée aux tortillas. Beaucoup de restaurants investissent dans une bonne viande ou une salsa maison, puis négligent le support. Or un taco repose littéralement sur ce disque de maïs. La réalisation sur place de la nixtamalisation constitue un signe de sérieux, parce qu’elle demande un investissement matériel et du temps de travail quotidien. Elle ne dispense pas la cuisine d’être précise, mais elle indique un niveau d’engagement supérieur à l’achat d’un produit standard.
Le troisième repère concerne la mesure. Une assiette de cuisine mexicaine réussie ne doit pas être réduite à une démonstration de piment ou de fromage fondu. La chaleur doit rester modulable, le gras contrebalancé, l’acidité présente et les herbes fraîches perceptibles. Ce principe est particulièrement utile à Paris, où certains établissements confondent générosité et surcharge. Un taco qui déborde de sauces peut être spectaculaire, sans être meilleur.
Une méthode simple pour une première visite
Pour découvrir Taco Mesa sans multiplier les choix inutiles, une méthode en quatre temps suffit. Elle permet de comparer les préparations et de comprendre ce qui distingue la maison, quelle que soit l’habitude que l’on a de la cuisine mexicaine.
- Commencer par une préparation fraîche : le guacamole donne immédiatement une idée de la qualité des produits et de l’assaisonnement.
- Choisir un taco de viande longuement cuite : la cochinita permet d’évaluer cuisson, marinades, haricots et tortilla dans une même bouchée.
- Ajouter une recette contrastée : la quesadilla al pastor introduit fromage, ananas et viande à la broche, donc un autre équilibre.
- Prévoir une option végétarienne : elle révèle si la carte est pensée comme un ensemble ou uniquement construite autour du porc.
Cette méthode a aussi l’avantage d’éviter le faux dilemme entre « cuisine populaire » et « cuisine de cheffe ». Un bon taco est un plat exigeant, parce qu’il ne peut pas cacher longtemps ses défauts. Une tortilla sèche, une viande trop salée, une salsa sans relief ou un assaisonnement paresseux se repèrent dès les premières bouchées. À l’inverse, une préparation juste paraît simple parce que tous les éléments trouvent naturellement leur place.
Les fourchettes de prix évoluent rapidement dans la restauration parisienne, notamment avec le coût du maïs, des produits importés et de la main-d’œuvre. Plutôt que d’afficher un montant qui risquerait d’être périmé, le choix raisonnable consiste à consulter la carte en cours directement auprès de Taco Mesa avant de réserver ou de commander. Un prix juste s’évalue aussi à l’aune du travail visible : préparation artisanale des tortillas, cuisson lente, assaisonnements faits maison et service en salle demandent davantage qu’un assemblage de produits prêts à l’emploi.
Il convient également de distinguer cette adresse de toute promesse publicitaire absolue. Taco Mesa n’a pas besoin d’être proclamée « meilleure taqueria de Paris » pour présenter un intérêt réel. Son identité tient à la rencontre entre les racines de Beatriz Gonzalez, une expérience de la restauration exigeante et une attention concrète portée aux techniques du maïs. C’est plus utile qu’un superlatif : le lecteur sait ce qu’il vient chercher et sur quels critères le juger.
Pour un déjeuner rapide, le taco reste le format le plus direct. Pour un dîner, le partage de plusieurs préparations et l’exploration des especiales donnent une vision plus large de la carte. Dans les deux cas, le bon réflexe consiste à goûter la tortilla avant de la noyer de sauce : elle est le premier indicateur du sérieux de la maison.
Où se trouve Taco Mesa à Paris ?
Taco Mesa est installé au 40, rue du Faubourg-Poissonnière, dans le 10e arrondissement de Paris. L’adresse permanente a ouvert le 28 novembre 2023.
Qui est la cheffe derrière Taco Mesa ?
Taco Mesa est porté par Beatriz Gonzalez, cheffe mexicaine également connue à Paris pour Neva Cuisine et Coretta.
Pourquoi la nixtamalisation est-elle importante pour les tacos ?
Cette préparation ancestrale du maïs donne une pâte plus parfumée et plus souple. Elle améliore la tenue des tortillas et leur permet de soutenir correctement les garnitures.
Quels plats permettent de découvrir la carte de Taco Mesa ?
Le guacamole, le taco cochonita au porc confit à l’achiote et la quesadilla gringa al pastor sont de bons repères. Une option végétarienne permet aussi de mesurer l’équilibre global de la carte.
Taco Mesa propose-t-il une cuisine mexicaine uniquement à emporter ?
Le projet a démarré en 2021 avec de la vente à emporter et de la livraison. Depuis l’ouverture de son restaurant en 2023, Taco Mesa peut aussi se découvrir sur place.